Mon parcours chaotique

It was cold, winter morning.by laura-makabresku

It was cold, winter morning by laura-makabresku

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Plus qu’un mois avant la fin des cours de ma licence. Un mois et j’aurais enfin terminé quelque chose, car je pense pouvoir assurer avec certitude que j’aurais droit à ce morceau de papier qui atteste que je sais… Qu’est-ce que je sais faire ? Chercher des informations dans des livres, improviser des plans en 2 ou 3 parties, broder autour d’un sujet inintéressant au possible. Je n’ai pas l’impression d’avoir appris grand chose à la fac. Vraiment pas. Sauf dans un ou deux cours, ici et là, sans trop savoir comment. C’est peut-être faux, peut-être que j’ai appris plein de trucs sans en avoir vraiment conscience. La culture générale, oui, c’est ça que j’aurais gagné au passage. Et un échappatoire, le temps de réfléchir un peu.

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C’est comme ça que je me suis retrouvée à demander des prépa PCSI (Physique Chimie et Sciences de l’Ingénieur). J’étais une excellente élève, on m’a dit que je pouvais tenter les grandes parisiennes. Premier vœu : Louis le Grand à Paris avec internat, second vœu : Henri IV à Paris sans internat, troisième vœu : Louis le Grand sans internat, quatrième vœu : Chateaubriand à Rennes, cinquième vœu : Montesquieu au Mans. Et un sixième vœu dans une fac quelconque, parce que je devais en mettre une. Je m’attendais à me retrouver à Rennes. Sauf qu’en fait non, j’ai été prise à Henri IV. J’ai explosé de joie quand j’ai vu ce « admise » sur l’écran de l’ordinateur du salon, je crois avoir appelé tout le monde. J’allais dans un des plus grands lycées de France, j’allais faire l’ENS ou une grande école d’ingénieur et la vie serait merveilleuse. Même si je ne savais pas ce que c’était, être ingénieur. Ni ce qui m’attendait à Paris. J’y reviendrai dans un billet plus spécifique.

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Prépa scientifique, grande prépa, Paris. J’ai rencontré des gens géniaux. Même si aujourd’hui, ceux avec qui j’ai gardé contact se comptent sur les doigts d’une main. Je pense que c’était un passage nécessaire pour moi. Pour me remettre à ma place et en même temps pour être enfin en contact avec « des gens comme moi« . Être dans les dernières de la classe, ne pas y arriver, en un sens, ça m’a fait du bien. Ou plutôt, ça m’a rassuré. Même si je sais que ça a été horrible. Que j’ai craqué, pété les plombs, baissé les bras. C’était trop dur, ou alors je n’étais pas assez forte pour tout ça. Et il me manquait cette chose que je ne connaissais pas et que je n’ai découvert que très récemment : la motivation. Travailler des heures par jour, collectionner les 5/20, subir les khôlles, les exercices au tableau devant toute la classe. Tout ça pour quoi ? Pour un concours en deuxième année. Des concours. Des écoles. C’était tellement flou. En plus, c’est quoi être ingénieur ? Non, je ne voulais pas faire ça. Je ne le supportais pas.

Il fallait que je fasse autre chose. J’aimais la chimie, c’était la seule matière où je m’en sortais. Alors je me suis dit : pourquoi pas pharma ? Ensuite j’ai pensé à une bi licence Sciences-Histoire. Puis aux lettres. Finalement, on m’a conseillé de mettre derrière moi les sciences. Je ne sais pas si j’ai bien fait ou pas, il m’arrive encore de me demander ce qui se serait passé si j’avais fait de la chimie par exemple. En tout cas, j’ai écouté, je me suis présenté en Lettres Modernes et en Histoire de l’Art. Pourquoi Histoire de l’Art ? Parce que j’aimais bien les musées… Parce que ça allait me changer, que ce serait moins chiant que d’apprendre des dates en Histoire. En plus, il y avait la fille d’une amie de ma mère qui avait fait ça, elle aussi. J’ai été prise dans les deux licences, bien sûr. Pourquoi j’ai choisi l’Histoire de l’Art plutôt que les Lettres Modernes ? Je n’en sais rien. Ça devait être parce que le contenu des cours en Lettres n’était guère sexy. Je ne sais pas si j’aurais été mieux en Lettres Modernes, mais j’essaye de me dire que j’ai bien fait. Et puis c’est vrai que je voulais être conservatrice-restauratrice. Je pensais que j’allais pouvoir apprendre le dessin seule et me présenter en L2 de Conservation-Restauration. C’était stupide.

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Histoire de l’Art à Paris 1. La Sorbonne. La première année, c’était cool. Même si j’ai traversé cette période de déprime post-prépa. Parce que je me sentais nulle d’avoir échouée, parce que je pensais m’être trompée, que je voulais retourner en sciences. Et puis parce que dans ma tête, c’était un beau bordel. Admettre et dire : j’aime les filles et peut-être qu’un jour, je vivrai avec une femme, je ne pourrai pas me marier et je n’aurai jamais d’enfant, ça n’est pas simple. Ça faisait un peu trop pour moi. Encore une fois, j’étais conne, mais c’est comme ça. J’y reviendrai ultérieurement. En tout cas, Histoire de l’Art. Une L1 pas mauvaise, mention Assez Bien, sans trop glander. En L2, je me suis dit que j’allais me prendre en main, qu’il fallait que je trouve un boulot après. Je me suis inscrite aussi en L1 d’économie. Sauf que c’était trop compliqué d’assister aux cours des deux licences, tout se chevauchait, je ne pouvais pas avoir les TDs d’économie… Bref, j’ai laissé tomber. En plus, je m’étais remise à écrire. La L2 a été plus dure que la L1. Pas en terme de travail, juste parce que je me faisais chier. Déjà, ça commençait à m’emmerder. Sauf que je ne pouvais pas abandonner, pas encore. Je devais aller jusqu’en L3.

Cette année, j’ai vraiment cru que je n’arriverais jamais au bout. Que je n’aurais pas ma licence et puis tant pis, de toute manière je déteste ça. Trois années en Histoire de l’Art, maintenant je déteste ça. Ça m’intéresse, mais à titre personnel. Je ne veux plus faire d’exposé avec la voix tremblante sur des sujets que je ne maîtrise pas, je ne veux plus écouter les exposés des autres, je ne veux plus écouter les profs débiter leurs cours qui n’ont pour moi plus le moindre sens. Je ne veux plus enculer des mouches et écouter les profs se branler le cerveau. Oui, je vulgaire. Et alors ? Il en faut, des historiens de l’art. Mais bordel, je ne veux pas en faire partie.

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Résultat, je fais quoi ? J’aimerais être écrivain. Sauf que ce n’est pas un métier. Éditeur ? Libraire ? Non, je n’y ai pas pensé tout de suite. J’ai pensé aux archives, à la gestion du patrimoine, à la communication culturelle. J’étais presque motivée pour ça ! L’idée d’arrêter l’Histoire de l’Art était à elle-seule assez réconfortante pour prendre le premier Master venu. En fait, j’ai réalisé, et ça me semble complètement dingue maintenant : je veux faire de l’informatique. Pas forcément de l’informatique dans le sens je vais coder des trucs sans intérêt. Non, je veux être rédactrice web, je veux travailler dans l’édition numérique et un jour, j’aurais ma propre boîte. C’est le blogging qui m’a ouvert les yeux, c’est marrant. C’est l’une des premières fois que je trouve quelque chose où je peux passer des heures sans réfléchir, sans me lasser. Autre que lire, écrire, faire des origami, du scrapbooking, de la peinture du figurines et du point de croix. Je pense que j’aurais aussi pu faire un travail manuel. Mais en tout cas, j’ai besoin de faire quelque chose de concret. Ne pas travailler dans le vide, voir le résultat de mon travail et être utile pour de vrai. C’est la première fois que j’envisage de faire un travail qui me plait. D’habitude, je pense plutôt « alimentaire ». Pour pouvoir écrire. Oh, je n’ai pas oublié ça. Je pense que je serais capable de faire un job pourri, du moment que j’ai du temps libre et qu’on me laisse écrire.

C’est la période des demandes de Master. J’ai ciblé les métiers du web, l’édition numérique, la culture numérique… Tout ce qui peut me permettre d’acquérir les compétences professionnelles en informatique, communication, marketing, rédaction qui me manquent encore. La culture, je pense l’avoir. En sciences et en Histoire de l’Art. J’essaye de voir mon parcours chaotique de manière positive. Au fond, c’est vrai : chaque année m’a aidé à me construire, même si ce n’était pas de la manière « prévue ». Prévision  que j’avais parfois faite seule, ou qu’on m’avait imposée indirectement. Je ne serais pas Polytechnicienne. De toute manière, le Polytechnicien moyen, il est con. C’est pas le fait d’aller à Palaiseau qui l’a amélioré ! [mon prof de maths en prépa] Mais ce n’est pas grave, je ferai autre chose.

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Ce que je veux dire, c’est que rien n’est définitif. On fait des choix d’orientation au cours de nos études, mais cela ne veut pas dire qu’ils vont conditionner notre vie. J’apprends l’optimisme, c’est une sensation très étrange. C’est nouveau pour moi. Ça va aller, j’essaye de m’en persuader. Tout ira bien. Du moment que je le veux. C’est là que je comprends pourquoi on me disait « Toi, tu pourras faire ce que tu veux« . En fait, ce n’était pas un mensonge stupide qu’on me balançait pour se débarrasser de moi et ne pas répondre à mes questions. En fait, c’est peut-être un peu vrai.

On verra bien. J’ai confiance.

signacordy

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2 réflexions sur “Mon parcours chaotique

  1. ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à avoir fait une cursus scolaire un peu particulier. Personnellement j’ai d’abord orienté mes études dans le bâtiment, parce que c’est « un métier d’avenir » et que c’est « quelque chose dont on aura toujours besoin » voilà les discours qu’on m’a servit. A la base je voulais être architecte, puis je me suis rendue compte que j’étais archi nulle en dessin (il faut avoir ce qu’on appelle « la vision 3D » que je n’ai absolument pas) j’ai eu mon bac STI Génie Civil, je suis ensuite partie en BTS puis en licence pro toujours dans le bâtiment.

    J’ai toujours voulu faire des études littéraires et cet objectif ne m’a jamais quitté depuis que j’ai quitté le collège mais je n’ai jamais osé en parler à mes parents. Je savais que le bâtiment ne me plaisait pas, je le disais à tout le monde, ce n’était pas pour moi, pas mon milieu mais j’ai continué jusqu’au bout, pour avoir « quelque chose » à la sortie. Puis l’année dernière je me suis demandé quel était le métier que je voulais vraiment faire et celui de bibliothécaire m’est immédiatement venu à l’esprit. Simplement être dans un lieu calme pour partager la même passion de la lecture et même de l’écriture avec des gens, c’est quelque chose qui me plait.

    J’ai donc décidé de passer le concours de catégorie A (ma licence va me servir à quelque chose finalement ^^) et j’ai aussi repris mes études en Lettres modernes à la rentrée 2013. Bon j’ai repris le cursus à zéro, je suis en L1 pour l’instant et la majorité des fille qui sont avec moi ont 4 ans de moins que moi (j’ai 22 ans) mais c’est pas grave parce que je m’y plait bien. J’espère pouvoir acquérir un minimum de culture littéraire pour pouvoir être le plus performante possible dans mon futur travail (même si je sais qu’avoir le concours est ultra dur).

    Oui j’aime raconter ma vie en fait xD.

    Sinon pour revenir à tout ce que tu as dis, je ne peux qu’être d’accord avec le fait que ces années passées à étudier ne seront pas inutiles et que c’est toujours une expérience qui fait que nous sommes aujourd’hui comme ceci avec cette façon de penser (hum très philosophique tout ça). Et je rajouterais aussi qu’il faut surtout que tu gardes ton optimisme, l’optimisme c’est la vie, ça aide à avancer (même si des fois c’est vraiment pas facile) je vis peut être un peu trop dans le monde des bisounours, je sais, mais des fois de voir seulement le mal et pas le bien qu’il peut y avoir à côté c’est pas bien non plus.

    Et surtout je t’encourage dans ton projet professionnel (mais pas la publication numérique, tu vas tuer mon travail après = »( xD) surtout si c’est quelque chose que tu aimes faire et qui te plait vraiment c’est le principal. Je suis contente que tu aies trouvé ta voie ^^.

    Bon voilà après cette énorme pavé sur ce petit article que j’ai beaucoup aimé je te laisse et je vais sûrement aller commenter d’autres articles (je vais finir commentatrice professionnelle, j’arrive pas à ne pas laisser de commentaire quand je lis quelque chose xD et surtout j’ai beaucoup de mal à m’arrêter d’écrire).

    • Je ne sais pas trop quoi te répondre tu m’excuseras. Je suis aussi contente de ne pas être toute seule, il faut l’avouer x) Mais voilà il n’y a pas de honte à changer d’avis et à prendre son temps. L’important, c’est d’arriver au bout du chemin qu’on a choisi, peu importe les détours et les escales ;)

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