Vacances à la campagne

campagne en creuse lac champsSamedi 12 avril, 7h08.

Je prends mon train Gare d’Austerlitz. Un Intercités bien pourri sans réservation direction Vierzon. Je me suis levée à 5h30 pour être sûre de ne pas le rater, j’ai mal dormi, trop angoissée à l’idée de ne pas me réveiller. Bus 91, le jaune, jusqu’à la gare avec mon sac à main vert et ma valise bleue. La tête dans le cul, comme on dit. J’arrive à la gare, il fait froid. Je n’ai pas de réservation, mais j’essaye de me rassurer en me disant que PERSONNE ne prend le train de 7h08 pour aller dans le trou du cul du monde. C’est le cas, nous sommes à peine une trentaine à monter dans le train. Je me trouve un compartiment presque vide. Ça me fait penser au Poudlard Express. En plus moche. Je m’en fiche, je m’assois, je pose mes sacs et c’est parti. On nous annonce quelques minutes de retard, ça me stresse. Je n’ai que dix minutes pour faire le changement à Vierzon. Mais encore une fois, je sais bien qu’ils savent que pas mal de gens font cette correspondance, donc ils feront attendre le train. Du moins, je l’espère. Le trajet est long et court à la fois. Je somnole, j’écoute de la musique, je termine ma lecture Des amis d’Héloïse, un roman lesbien vraiment bien. Je m’étais dit que j’allais sortir mon ordi et écrire, mais je suis trop fatiguée pour ça. Alors tant pis, je glande en attendant Vierzon.

Vers 9 heures, le train s’arrête enfin à Vierzon. Je n’ai que quelques minutes minuscules pour attraper mon autre train, je cours. Ce n’était pas la peine au final, le train (ou plutôt la rame, car il n’y en avait qu’une…) pour Montluçon a attendu tout le monde au moins dix minutes. Mais au moins, j’ai une place assise, car il y a beaucoup de monde. Je ne comprends pas trop pourquoi, mais peu importe. Je mange un peu, j’ai pris de la brioche et un thermos de lait chocolaté. Ça me réveille un peu, mais pas assez. J’essaye de dormir, j’y parviens plus ou moins. La batterie de mon I-Pod est presque à plat. Quand enfin, je parviens à dormir, on me secoue l’épaule. Je me réveille en sursaut. Contrôle des billets. Pourquoi faut-il toujours que ça tombe pile au moment où j’arrive à dormir ? Je me fais contrôler, j’essaye de me recaler dans mon siège mais je sais que c’est terminé : je ne vais pas pouvoir dormir. Tant pis. Je suis épuisée, alors que je suis restée assise pendant des heures. Le réveil à 5h a du mal à passer.

Enfin, j’arrive à Montluçon, il est 10 heures et demi. S. est là, sur le quai de la gare, comme promis et c’est le moment d’un gros câlin. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était pas vu. Pas depuis mes dernières vacances à la Toussaint. J’ai la banane, mais je suis morte de fatigue. En plus, il reste bien une petite heure de voiture avant d’arriver à destination. Je vais à la campagne, oui, et dans le trou du cul du monde en plus. Petites routes à lacets, j’ai envie de vomir à force de tourner, je dois être d’un vert pas très rassurant mais je tiens le coup. Enfin, on arrive. Pour de vrai. Je peux respirer l’air frais. Je sors ma valise, je manque de me faire bouffer par le chien, je retrouve la gosse toujours aussi mignonne avec son petit carré blond, D. qui s’est laissé pousser les cheveux depuis la dernière fois. C’est le moment de me poser mes affaires, de boire du sirop de menthe fait maison et d’essayer de ne pas m’écrouler dans un coin pour rattraper tout le sommeil que j’ai en retard.

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Je ne pourrais pas forcément décrire heure par heure mes vacances. Tout se mélange encore dans ma tête et je n’ai pas tenu un emploi du temps précis. C’est ça les vacances, justement. Ne pas avoir d’emploi du temps, ne pas avoir de liste avec des foutues cases à cocher. C’est seulement profiter de l’instant présent, de la conversation en cours, d’un demi-sourire, d’un silence apaisant, de l’odeur du pain maison qui cuit dans le four, de l’air pur de la campagne pour moi la petite parisienne aux poumons noircis par les pots d’échappement.

lapins lapin et ses petits campagne

Il y a eu les promenades avec la chienne, que je continue de détester, mais que j’ai fini par apprendre à ignorer, le rire de dessin animé de la gosse, les conversations plus ou moins sérieuses, les rires, les blagues graveleuses, les lapins à nourrir, l’œuf de la poule à ramasser à 10 heures précises, la cueillette des violettes, la cuisine de S. que je trouve toujours aussi bonne, les glandages sur Internet dont les deux geeks que nous sommes ne pouvons décidément pas nous passer, la lecture dans le jardin et mon premier coup de soleil de l’année. On a fait des brookies aussi, je crois que c’était le lundi, même que j’avais les mains peines de pâte à cookies parce que j’avais décidé que c’était plus « pratique » de la faire à la main. Le dimanche, on a fait une randonnée autour d’un étang dans un bled paumé, on a vu des oiseaux, la gosse a boudé parce que c’était trop long, on a pique-niqué dans l’herbe et à la fin j’étais lessivée.

Au final entre samedi et mercredi, cinq jours se sont écoulés et je ne les ai pas vu passer. Enfin si, et en même temps non. C’est compliqué. Je me sens bien, j’ai pris ma dose d’herbe fraîche, d’animaux et de rires. J’ai rechargé les batteries, cinq jours à ne m’occuper de rien sauf de moi, à me faire remplumer par S. comme Mrs. Weasley essaye de remplumer Harry Potter. Je suis heureuse, ça faisait longtemps que je n’avais pas eu droit à des vacances comme ça. Avec le soleil en plus. Il paraît que plus on grandit et moins on a de vacances. Surtout quand on a des mômes. Je crois que je suis pile dans la bonne période et la bonne situation. Pas de mec ou de nana, pas de gosses, pas d’impératif, pas de comptes à rendre à qui que ce soit. Je peux me permettre d’aller m’enterrer dans le fin-fond de la Creuse pendant cinq jours sans que cela pose un problème. J’ai de la chance, n’est-ce pas ?

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C’était dur de se quitter, c’est toujours dur de quitter un ami. Surtout quand on sait qu’on ne le reverra pas avant longtemps. Alors on fait ça le plus vite possible, sans trop réfléchir et après on se rend compte qu’il y a des milliers de trucs qu’on aurait dû dire mais auxquels on n’a pas pensé, ou peut-être n’a-t-on simplement pas osé. Peu importe, n’est-ce pas ? On a encore la vie devant nous. Il y aura d’autres vacances, d’autres rires, d’autres conversations, d’autres brookies et d’autres jeans foutus en l’air par la chienne.

J’ai les batteries à bloc aujourd’hui, je ne sais pas combien de temps ça durera, mais pour l’heure tout va bien. J’ai la forme. Je suis prête à affronter la fin du mois d’avril, à terminer mon NaNo, à réviser mes partiels, à passer mes partiels, à écrire mes dernières lettres de motivation pour les Masters.

Mais quand même… vivement les vacances d’été. Je ne sais pas si j’en aurais vraiment ou si je vais travailler pendant deux mois. On verra bien, je ne me fais pas trop de souci. Au pire, j’aurais quand même mes week-ends.

signacordy

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